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24 janvier 2013

Prise de parole du SNUipp-FSU lors du rassemblement du 23 janvier 2013

Au menu, carte scolaire, rythmes, scolarisation dès 2 ans, plus de maîtres que de classes, conditions de travail, administration pesante et réponse à l’éditorial du « Monde » daté du 23 janvier.

Ça y est ! C’est le changement !

Voyez, nous n’avons plus besoin de nous rassembler devant l’Inspection d’Académie pour réclamer des postes !

Voyez, nos élèves sont accueillis dans des classes spacieuses, plusieurs maîtres sont là pour les aider dans leurs petites difficultés.

Voyez, les grosses difficultés sont immédiatement prises en charge par des RASED en nombre et formés.

Ça y est ! C’est le changement tant attendu !

Ah, excusez-moi, on me souffle quelque chose dans mon oreillette. Ah, on me dit que je me trompe, que j’ai dû ressortir le discours de 1997, ou 1981. Bon en 36, j’étais pas né. C’est déjà ça.

Si nous sommes là, c’est bien parce que le changement promis n’est pas au rendez-vous. Il est vrai qu’après les dizaines de milliers de postes supprimés par la droite au long de 10 très longues années, ce ne sont pas les 3300 postes créés qui vont faire le printemps. Cette rentrée est bien la plus difficile que nous ayons connu, les collègues le vivent âprement chaque jour.

En matière budgétaire, le changement est un peu chiche, l’ambition encore bien maigre.

Du coup, nous sommes inquiets. Nous sommes inquiets de ne pas voir enfin arriver les changements nécessaires à la réussite de nos élèves. Inquiets de ne pas voir baisser les effectifs d’élèves dans les classes. Inquiets de ne pas voir augmenter le nombre de remplaçants. Inquiets de la quasi disparition des RASED et du peu de rayon d’action des réseaux rescapés. Inquiets pour la scolarisation des 2 ans. Inquiets pour l’avenir de l’école. Loin de nous rassurer, on nous emmerde par des injonctions, des contrôles, des paperasses inutiles. On harcèle les directeurs, on culpabilise, on met sous pression les collègues.

Pourtant, jeudi dernier nous aurions pu être rassurés. Lors du groupe de travail, il y avait matière à ce qu’ici ou là le Directeur Académique s’engage. Il n’a pas dit : « Dans telle école, les effectifs se tassent mais nous allons garder le même nombre de postes. Nous y ferons un enseignement de qualité, celui dont les élèves ont besoin. ». Non, il n’a pas dit cela, il a même considéré ici ou là qu’il n’était pas urgent de créer un poste devant la montée des effectifs.

La semaine dernière, un évènement important a eu lieu : un texte officiel, une circulaire du Ministère est parue dans laquelle sont écrits les mots suivants : la scolarisation dès 2 ans est une « chance » pour tous les élèves particulièrement dans les zones difficiles, rurales ou urbaines, particulièrement pour les familles les plus en difficulté. Pour le SNUipp, reconnaître cela après les années de lutte que nous avons mené, c’est déjà une récompense.

Mais ce ne sont que des mots, du papier : le Directeur Académique n’en tiendra aucun compte, puisque l’Aveyron scolarise plus de petits que la moyenne, cette chance, il la refuse à tous les petits aveyronnais qui souhaiteraient aujourd’hui la saisir !

Concernant les rythmes scolaires, le Ministre pourtant largement désavoué par la communauté éducative fait comme si son projet devait entrer en vigueur sans plus aucun souci. A marches forcées, il compte l’imposer. Pourtant les élèves n’y gagnent presque rien, 30 minutes ! Pourtant on demande aux communes de foncer sans garantie de financement au-delà de la ridicule carotte de cette année. Et sans plus parler argent, qui s’occupera de nos gosses après la classe s’ils sont scolarisés à Cantoin, Fayet, Murasson, Centrès où l’on ne trouve pas les personnels qualifiés sous le sabot des vaches ou des brebis. Le Ministre, au contraire de ce qu’il affirme, prend le risque d’accroitre les inégalités entre les élèves. Villes et campagnes, communes riches ou pauvres, quartiers … tous auraient mérité de prendre le temps et de préparer ce nécessaire changement de rythme.

Le SNUipp s’est engagé à ce que les élèves et les personnels y gagnent. Aujourd’hui, la prise est maigre sinon amère pour les enfants et l’amertume domine dans la profession. De fait, nous qui sommes les enseignants les plus mal payés d’Europe, il faudrait que nous travaillions plus sans aucune compensation, après des années de blocage des salaires… Ce n’est pas le moindre des problèmes mais nous en reparlerons le 31 janvier pendant la journée de grève de la Fonction Publique à l’appel de la FSU, de la CGT et de Solidaires. Le 31 janvier, il sera question de dignité, d’être payé et considéré dignement.

Etre traité dignement, et non pas insultés, par certains éditorialistes comme, entre autres, dans le journal « Le Monde » aujourd’hui. A ceux-là qui, dès qu’une revendication monte, n’ont que des caricatures, des insultes et des appels au renoncement, le SNUipp appellent tous les personnels à opposer leur fierté. Combien de jours de grèves avons-nous fait pour gagner des postes pour nos élèves, combien de journées de salaires perdus pour mieux d’école et la réussite pour tous !

Vous, Messieurs les éditocrates, qui n’avez jamais contribué au service public que contraints et forcés, vous qui vous érigez en donneurs de leçons, entendez-le : oui, au SNUipp, on pratique la lutte des classes pour les classes. C’est notre fierté !

Si aujourd’hui nous sommes rassemblés, c’est que nous sommes déterminés au dialogue, à la consultation, à la réflexion. Le flou et la déception soulevés par les premières propositions du Ministre peuvent être dépassés. Le ministère doit apporter des réponses concrètes aux attentes professionnelles mais aussi personnelles de tous les enseignants de France. S’il suffisait de modifier les rythmes scolaires pour améliorer la réussite des élèves et faire reculer l’échec scolaire, les enseignants signeraient les yeux fermés… Nous sommes déterminés à participer à une refondation véritable, bénéfique à tous et juste.

L’histoire ne repasse jamais les plats. Le changement ne peut plus attendre.

Pour nos élèves, il faut une école ambitieuse, il faut une réelle refondation, il faut des actes : nous les arracherons.

 

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