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3 mars 2015

Enseignement catholique et propagande...

La FSU12 a pris connaissance de la mise en place par l’enseignement catholique de l’Aveyron d’un site internet, http://www.31aout2015.fr, site qui s’inscrit dans une démarche d’information qui relève en réalité - tant par sa forme que par son contenu - d’une démarche promotionnelle.

Si la FSU n’est pas surprise que l’enseignement catholique, parce qu’il relève d’intérêts privés, s’inscrive dans une logique publicitaire mercantile, elle ne peut manquer de réagir aux éléments de communication utilisés donnant à cette communication une dimension assez scandaleusement racoleuse.

En effet, les caractéristiques mises en valeur pour souligner ce qui ferait une spécificité de l’enseignement privé donnent en contrepoint et en filigrane une image tout à fait caricaturale et faussée de l’enseignement public.

Ainsi, poser comme éléments clefs que l’enseignement catholique est « une école libre, ouverte à tous », une école avec « des jeunes considérés, heureux et fiers de devenir des femmes et des hommes de valeur », une école assurant « une réussite scolaire (entre 93 et 96% de réussite aux examens), humaine et sociale », c’est évidemment suggérer lourdement ce que l’école publique ne serait pas et mettre en cause cette école publique qui fonde pourtant le pacte républicain.

Et dans un contexte où sont remises en avant – à juste titre ! – les valeurs républicaines, au premier rang desquelles la laïcité, on ne peut que s’étonner de voir cet étonnant renversement de valeurs qui ferait que l’enseignement catholique soit celui qui incarne « des valeurs universelles et s’adresse à tous, sans distinction de milieu social, d’origine et de religion ».

Non, l’enseignement catholique qui énonce dans ses statuts (Statut de l’enseignement catholique en France voté par le Comité national de l’Enseignement catholique le 15 février 2013) comme un principe fondamental qu’« Aujourd’hui comme hier, l’Église catholique est engagée dans le service de l’éducation.

Elle accomplit ainsi la mission qu’elle a reçue du Christ : travailler à faire connaitre la Bonne Nouvelle du Salut » n’est pas ce qu’il prétend être.

« Une école libre, ouverte à tous » ?

Il est assez ironique de lire sur le site, après cette affirmation, le rappel du coût de l’inscription dans l’enseignement privé. Les sommes évoquées pourraient paraître peu importantes, il n’en demeure pas moins que le caractère payant induit en pratique une forme de discrimination et exclut de fait certaines familles.

Il est d’ailleurs tout aussi révélateur de lire la précision « Dans la mesure de ses possibilités » qui témoigne que cette ouverture à tous est à relativiser.

L’école libre et ouverte à tous, c’est évidemment l’Ecole publique : c’est l’enseignement gratuit et laïque qui accueille ainsi tous les enfants, sans aucune condition.

Il est quand même paradoxal de voir l’enseignement privé revendiquer la mixité sociale quand son « fond de commerce » repose souvent sur les stratégies d’évitements pour les familles et quand les organisations syndicales de l’enseignement public exigent depuis plusieurs années la fin de l’assouplissement de la carte scolaire qui permettrait le retour à une plus grande mixité sociale dans les établissements, mixité dont on sait qu’elle n’est pas un frein à la réussite scolaire mais bien un atout.

Un rapport de la Commission de la culture, de l’éducation et de la communication remis au Sénat le 27 juin 2012 signalait ainsi : « les territoires où se trouve la plus faible mixité sociale dans les établissements et la plus forte concurrence entre les établissements connaissent à la fois de plus mauvais résultats en moyenne, plus d’échec scolaire et plus d’inégalités scolaires, au détriment des élèves de milieu défavorisé ».

Le Ministère faisait lui-même l’analyse statistique suivante en 2012 : « Les établissements privés scolarisent davantage d’élèves appartenant aux catégories sociales favorisées.

Si la structure sociale des établissements privés est d’une façon générale tirée vers le haut, elle se démarque de celle des établissements publics avant tout pour l’ accueil des enfants des catégories sociales favorisées et défavorisées : surreprésentation des élèves d’origine sociale favorisée (36,3 % de filles et fils de chefs d’entreprise, de cadres et professions intellectuelles supérieures, de professeurs des écoles, contre 20,6 % dans le public), sous-représentation des élèves issus des catégories sociales défavorisées (19,6 % d’enfants d’ouvriers ou d’inactifs, cette proportion s’élevant à 39,3 % dans les établissements publics). »

Quant à la tolérance que souligne le site internet de l’enseignement catholique (« Elle est attachée à la liberté des consciences, à l’écoute des croyances dans leur diversité et accueillante aux différents parcours personnels »), depuis quand ne serait-elle plus l’apanage de l’Ecole publique dont c’est le fondement même ?

« Une réussite scolaire (entre 93 et 96% de réussite aux examens), humaine et sociale » ? « Des jeunes considérés, heureux et fiers de devenir des femmes et des hommes de valeur » ?

L’Ecole publique serait-elle l’école de l’échec scolaire… ?

Il suffit d’analyser les résultats au baccalauréat pour voir que ce n’est aucunement le cas et qu’à ce niveau de réussite, les explications se trouvent ailleurs comme le souligne le Ministère de l’Education Nationale lui-même : « Le taux de succès d’un lycée dépend fortement des caractéristiques de ses élèves, indépendamment de la qualité de l’enseignement qui y est dispensé ».

Et la réussite humaine et sociale… ?

L’Ecole publique serait-elle le lieu de la déconsidération, un cadre dans lequel aucun épanouissement ne serait envisageable, dans lequel aucune fierté ne serait possible, dans lequel aucune valeur ne serait portée ?

C’est faire insulte à tous les personnels qui, dans le public, travaillent au quotidien auprès des élèves, avec toute la conscience de leur rôle d’éducateurs contribuant à la formation des citoyens.

Les élèves du public seraient-ils ainsi voués à ne pas devenir des femmes ou des hommes de valeur ? (On n’est d’ailleurs pas sûr de bien comprendre ce que signifie cette expression de « femmes et d’hommes de valeur…. »).

Le site un sondage « 72% des Français estiment que l’enseignement privé forme des citoyens responsables » : mais ce sondage, commandé par l’enseignement catholique n’a pas pris la peine de poser la même question pour l’enseignement public… Ce même sondage fait l’analyse que le souhait de scolariser son enfant dans l’enseignement privé catholique n’est que de 28 chez les parents dont les enfants sont scolarisés aujourd’hui dans l’enseignement public, ce qui témoigne très clairement d’une expérience positive de l’enseignement public.

La FSU condamne la concurrence de l’enseignement privé et son coût social .

La FSU souhaite rappeler que l’enseignement privé, presque totalement catholique en France (98% des élèves du 1er et du 2nd degré́ du privé), bénéficie d’une manne publique assez exceptionnelle en Europe, sans avoir les obligations d’un service public.

Elle concurrence ainsi de façon déloyale l’Ecole publique, tout en étant de fait, un outil de ségrégation sociale au sein du système éducatif.

Ainsi en 2011, d’après les données du Ministère de l’Education Nationale (repères et références statistiques de 2013, http://www.education.gouv.fr/cid57096/reperes-et-references-statistiques.html), les dépenses de l’Etat en France, pour les établissements privés subventionnés atteignaient presque 8 milliards, celles des collectivités territoriales, plus de 3 milliards : environ 11 milliards de fonds publics pour financer l’école privée (environ 12 milliards si l’on ajoute les dépenses des collectivités territoriales pour le privé « non subventionné »), 11 milliards pour concurrencer le secteur public, sans avoir les mêmes obligations d’accueil de tous les élèves, de gratuité et évidemment, de laïcité.

La FSU12 condamne la communication de l’enseignement catholique de l’Aveyron http://www.31aout2015.fr parce qu’elle travestit à sa manière la réalité et ce dans une démarche concurrentielle que nous dénonçons depuis plusieurs années.

La FSU12 réaffirme que le renforcement d’un service public capable d’accueillir tous les publics, dans des conditions permettant la réussite effective de tous doit être la priorité de la nation.

Pour la FSU12, les secrétaires départementaux, Sylvain Lagarde et Valérie Tavernier. Rodez, le 2 mars 2015

 

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