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7 avril 2015

Luttons contre le collectif RACINE, bras armé de Marine Le Pen dans l’Education Nationale.

Avec un nom évoquant tout à la fois la culture classique (Jean Racine), un des dadas nationalistes (« l’enracinement ») et un prénom désormais omniprésent au FN (Marine), le Collectif Racine est une nouvelle tentative de séduction du Front national en direction des enseignants, du primaire au supérieur.

Mais ce n’est pas la première fois que le FN s’organise pour diffuser sa vision de l’école.

A sa naissance, en adhérant au Rassemblement Bleu Marine plutôt qu’au Front National, en mettant en avant l’origine chevènementiste et donc républicaine de nombre de ses fondateurs, le collectif Racine a voulu donner de lui-même une image lisse, presque consensuelle.

Ses fondateurs n’avaient pas changé d’idées et ne se rapprochaient de Marine Le Pen que par un opportunisme de bon aloi, pensant après l’échec de Chevènement en 2002 que seule la présidente du FN, pourrait faire passer dans le réel leurs idées.

Or l’examen du positionnement idéologique du collectif Racine et de ses prises de position sur des problèmes concrets en dessine un tout autre visage.

L’affichage républicain est une fiction qui cache la nature idéologique profonde du collectif Racine. De même, on observera que si le collectif reprend le discours islamophobe du FN, il y ajoute des attaques contre la communauté juive en faisant un silence total sur l’actuelle montée du discours antisémite.

Les idées de ce collectif sont donc à combattre de manière implacable par les enseignants et leurs organisations syndicales car elles sont en elles-mêmes particulièrement dangereuses.

Il faut attendre l’année dernière pour que Marine Le Pen réalise que plus d’un million de personnes travaillent dans l’Éducation nationale, que la plupart sont d’honnêtes citoyens débordant de sens civique, et donc des électeurs en puissance.

Pour autant, séduisent-elles le milieu enseignant ? C’est encore difficile à dire.

A son apogée à la fin des années 90, le Mouvement pour une Éducation Nationale, lié au FN, comptait environ 2000 adhérents qui pouvaient être soit des parents d’élèves, soit des enseignants.

Aujourd’hui, le collectif Racine, qui se conçoit comme un collectif purement enseignant, compte environ 500 adhérents. Mais plusieurs milliers de personnes se sont connectées au site du collectif qui compte environ 1500 « amis » sur Facebook. Par rapport à l’ensemble du milieu enseignant (la France compte près d’un million d’enseignants), le collectif Racine représente donc encore un courant marginal… mais qui peut se développer.

Aujourd’hui, il a quelques points d’appui en Aveyron. A nous de combattre ses idées et d’imposer les nôtres !

Il y a vingt ans, le MEN organisait son discours autour de six idées principales, reprises pour l’essentiel par le collectif Racine :

1) « défendre l’école du savoir et du mérite », c’est-à-dire pour l’essentiel revenir aux méthodes d’enseignement des années cinquante (cours magistral, cloisonnement des disciplines), dont la médiocrité a tout récemment été prouvée (une enquête de l’OCDE publiée le 8 octobre dernier montre qu’en France, ce sont les 45-65 ans qui sont les moins performants pour lire comme pour compter), et surtout mettre au feu toute innovation pédagogique ;

2) « diverisifier les filières dès la sixième », c’est-à-dire promouvoir l’orientation précoce et en finir avec le collège unique (un des rares dispostifs de l’Éducation nationale visant un accès égal pour tous aux savoirs) afin de fournir au patronat une petite armée de précaires prêts à jouer les variables d’ajustement ;

3) « pour une véritable neutralité scolaire », c’est-à-dire « interdire les manifestations politiques dans les écoles » ; mais l’agitation anti-mariage pour tous ayant passé par là, avec la propagande qui l’a accompagnée dans les écoles privées, ce point du programme du MEN a été « oublié » provisoirement par le collectif Racine ;

4) « pour le respect de la discipline », c’est-à-dire dans la version 2013 contre la « culture laxiste de l’excuse » : le FN recase ici l’essentiel de son discours sécuritaire qu’il applique au domaine scolaire, associée à la valorisation du « dépassement de soi par l’effort » ;

5) « pour un enseignement national », c’est-à-dire faire la promotion d’une histoire réinventée à la Lorant Deutsch, des langues anciennes et des cours de morale ;

6) « revaloriser la fonction enseignante » : si le MEN rappelait à l’occasion le principe de préférence nationale (déjà appliqué par l’État), le collectif Racine se contente de reprendre le discours « syndicaliste » de protection et de soutien des personnels du MEN, en y ajoutant ce qui est finalement la seule touche originale du Collectif Racine, en droite ligne du nouveau rapport du discours du Front national avec l’État.

Le Collectif Racine, au final, ne propose pas grand-chose de neuf, et a du mal à se détacher du sempiternel « c’était mieux avant ». En revanche, il s’inscrit dans la droite ligne du projet mariniste d’un État-nation autoritaire et fermé sur lui-même, qui, pour être mené à bien, ne peut pas faire l’impasse sur la formation des générations futures.

 

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