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11 novembre 2016

A propos des APC : Marie Toullec-Théry, maîtresse de conférences en sciences de l’éducation

Pourquoi considérez-vous que les APC ne sont pas vraiment efficaces  ?

Apprendre, c’est faire avancer les savoirs sur un axe du temps. Plus on multiplie les dispositifs, moins l’élève en difficulté sera en mesure d’opérer des liens entre ce qui est fait dans différents lieux, avec différentes méthodes et personnes. Nous avons montré dans nos travaux avec Corinne Marlot que cette articulation des temps et des savoirs pouvait se révéler particulièrement délicate pour certains élèves. De plus, nous avons constaté que ce qui relève des savoirs a tendance a être gommé au profit du bien-être, du vivre ensemble, de l’autonomie qui sont certes des valeurs importantes, mais la principale mission de l’école consiste à socialiser par les savoirs. La multiplication des dispositifs contraint également les enseignants à remédier aux difficultés et non à les anticiper.

Ainsi, quand on pense APC, ce sont plutôt des aides a posteriori où le professeur va réfléchir à des situations d’entraînement plutôt qu’à des situations-problème plus complexes, ce qui revient à discriminer certains élèves. Surtout que l’étude des prescriptions montre un certain flux, à la fois sur le contenu et sur les élèves visés par les APC, ce qui opacifie forcément ce moment. En outre, le fait que les APC soient notifies comme une heure de plus sur l’emploi du temps et qu’il faille obtenir l’accord des parents renforce, symboliquement, le caractère discriminant.

Que peut alors faire l’enseignant pour ces élèves au sein dans sa classe  ?

Quand un enseignant fait la classe, il déficit une situation, donne des consignes, fait en sorte que les élèves s’engagent dans l’apprentissage, étaye le groupe dans son hétérogénéité, mais il doit aussi institutionnaliser le savoir. Ce temps où le professeur revient avec les élèves sur ce qui a été appris est fondamental, surtout pour les élèves en difficulté qui ne repèrent pas toujours l’essentiel dans les savoirs à retenir et font peu de liens avec les savoirs antérieurs. Or les didacticiens montrent que les enseignants prennent peu de temps pour cette institutionnalisation. Aider les élèves, c’est aussi possible dans le collectif à condition, pour l’enseignant, de trouver les moyens de se consacrer, par moments, à un groupe plus restreint, tout en proposant des activités en autonomie aux 75 % de sa classe restants. Il est alors nécessaire de trouver des solutions pour différencier les parcours, avec un matériel comme les fichiers auto-correctifs. Or il semble que ces outils ont tendance à disparaître des classes. Le tutorat entre élèves est aussi un moyen efficace pour les apprentissages des élèves fragiles, mais aussi pour les tuteurs. L’idée consiste donc à mettre en place des activités régulières et intensives pour faire progresser les élèves. Il est alors nécessaire de les anticiper, de réfléchir à leur mise en place, à des moments identifiés qui peuvent mettre en jeu plusieurs enseignants, ce qui peut être facilité dans le cadre du dispositif «  plus de maîtres que de classes  »

 

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