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30 juin 2017

Gel du point d’indice pour les fonctionnaires

C’est une séquence classique de la gestion libérale : un bon gros rapport à charge de la Cour des Comptes soigneusement commenté pour conditionner l’opinion et permettre au gouvernement de prendre des mesures anti sociales.

Accessoirement, cela permet aussi de faire le coup de l’héritage, sauf que là, E. Macron était aussi responsable de la politique menée.

Sur le fond, de quoi parle-t-on ? D’un déficit à 3,2 % du PIB soit un dépassement de 0,2 % (8 milliards d’euros ou 0,4 % du PIB).

Il est bon de rappeler que les dépenses publiques ne concernent pas que les services publics. Le crédit d’impôt (CICE) par exemple, a coûté 40 milliards d’euros aux caisses de l’Etat pour "créer" 100 000 emplois. Cela a coûté beaucoup plus cher que des postes de fonctionnaires.

La réduction de la dépense publique : une fausse bonne idée

Puisqu’on dépense trop, il faut dépenser moins. Cette affirmation a l’air frappée au coin du bon sens. Sauf que nous parlons d’un solde entre les dépenses et les rentrées.

Tous les pays qui ont appliqué purement et simplement l’austérité budgétaire ont vu leur endettement s’accroitre parce que les mesures ont fortement restreint l’activité et donc les rentrées fiscales. Ainsi, la Grèce qui a réduit de 20 % ses dépenses publiques n’est pas en meilleure posture aujourd’hui !

Les modèles keynésiens parlent d’un autre postulat : la dépense publique entraîne une augmentation de la consommation et de l’activité économique qui elles-mêmes alimentent la fiscalité directe ou indirecte et donc les caisses de l’État. Même le FMI ou l’OCDE considèrent aujourd’hui que les modèles de réduction de la dépense ne sont plus pertinents !

Mais alors pourquoi ? Parce que c’est le moyen le plus court pour que certaines classes sociales s’enrichissent au détriment des autres. Cela engendre des sociétés de plus en plus inégalitaires et finalement autoritaires.

Le gel du point d’indice sur le papier ferait "économiser" 2 milliards à l’État. Mais il peut aussi contribuer à la restriction de l’activité car l’essentiel de ce que touchent les salarié-e-s de la fonction publique passe dans la consommation, contrairement aux milliards du CICE qui alimentent les profits capitalistiques et la spéculation.

Courrier adressé ce jour par la secrétaire générale de la FSU au Ministre de l’Action et des Comptes publics Monsieur le Ministre,

Nous apprenons par la presse la décision du gouvernement de geler la valeur du point d’indice des fonctionnaires. Cette décision unilatérale du gouvernement est inacceptable pour la FSU et pour tous les agents de la Fonction Publique. Ce n’est pas ainsi que nous envisagions un dialogue social respectueux des agents et de leurs représentants et cela à quelques jours de la tenue d’un Conseil Commun de la Fonction Publique.

Cette mesure est profondément injuste et négative pour la fonction publique : ce n’est pas en portant atteinte aux conditions de rémunération de ses agents que l’on renforce le bien commun et notre modèle social.

Les fonctionnaires ont subi des pertes importantes de pouvoir d’achat depuis plus de 15 ans. Pendant cette période nombre de postes ont été supprimés, ce qui a alourdi leurs tâches, sans pour autant que cela n’entraîne une revalorisation de leurs rémunérations. Aujourd’hui, geler leur salaire est donc une double peine, inadmissible.

Ce retour en arrière va continuer d’aggraver la dégradation du niveau de vie des plus de 5 millions d’agents de la Fonction publique. Alors que depuis 2010, le point était gelé, une seule revalorisation de 1,2% est intervenue pour 2016. Cette première dynamique serait tout de suite enrayée par votre décision alors même que nous sommes dans un contexte de reprise de l’inflation (prévision d’inflation revue à la hausse à 1,8% pour 2017 et 1,7% pour 2018).

Après six années de disette indiciaire entre 2010 et 2016, avancer à reculons c’est aggraver la dégradation du niveau de vie déjà vécue par plus de 5 millions d’agents de la Fonction publique.

Lors d’une récente rencontre la FSU vous a demandé, monsieur le Ministre, la tenue d’un rendez-vous salarial pour y discuter notamment de la revalorisation de la valeur du point. Elle réitère aujourd’hui cette demande.

Geler le point d’indice revient à nier les missions, les qualifications professionnelles et le rôle que les agents de la Fonction publique jouent pour répondre aux besoins fondamentaux de la société et participer à l’activité du pays. C’est également méconnaitre leur engagement quotidien en faveur de l’intérêt général.

La Fonction publique, ses agents, sont un investissement indispensable pour notre pays si l’on souhaite relever les défis qui sont les nôtres en ce XXIème siècle.

D’autres solutions sont envisageables pour traiter de la dépense publique. Sanctionner 20% des salariés du pays n’aidera en rien à le redresser. Les agents publics ne peuvent servir de variable d’ajustement à la seule vision budgétaire pour traiter des déficits publics.

A la veille du Conseil commun de la Fonction publique, la FSU vous demande de revenir sur cette annonce et d’engager une véritable concertation avec les partenaires sociaux. Pour la FSU, geler le point d’indice des fonctionnaires serait une décision aussi incompréhensible qu’inopérante.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de mes salutations respectueuses.

Bernadette Groison

Secrétaire Générale

 

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