www.snuipp.fr

SNUipp-FSU Aveyron

Thèmes abordés


Vous êtes actuellement : Actu, Infos et Journaux 

fontsizeup fontsizedown {id_article} impression s'abonner  à la rubrique {} syndiquer le forum
29 octobre 2017

Décryptage de la politique éducative de Blanquer : La gestion axée sur les résultats (GAR) au Québec

Christian Maroy estime que la « gestion axée sur les résultats » présente un certain nombre de risques, parmi lesquels "une réduction curriculaire aux matières testées à l’externe" et "une confiance ’unilatérale’ dans les données, avec un risque de surinterprétation". Mais, surtout, il voit un risque de "déprofessionnalisation" ("au sens où il y a une réduction de l’autonomie de décision" et une orientation des réflexions) et de déresponsabilisation, les pratiques éducatives étant réduites au statut de moyens par rapport à des objectifs qui sont définis de l’extérieur – alors que la question des finalités éducatives se pose aussi dans le choix des moyens.

Note à partir de l’intervention de Christian Maroy au colloque de l’IREDU 3/09/2017

Une gestion axée sur les résultats implique, dans la plupart des pays, la mise en place d’une politique de reddition des comptes. Rendre des comptes sur les résultats ne recouvre cependant pas les mêmes enjeux selon les pays. Dans certains systèmes, les enjeux sont forts, parce qu’ils portent sur "les carrières et les salaires des personnels" voire sur leur poste (c’est le cas dans certains états aux États-Unis où les équipes pédagogiques peuvent être remplacées si elles n’obtiennent pas les résultats attendus). En France comme en Belgique, malgré l’existence d’une évaluation externe, l’organisation s’appuie sur un acteur "auquel on fait relativement confiance", considérant que, "par son professionnalisme, il va modifier ses pratiques" s’il a accès aux résultats des évaluations.

Réduire le "découplage" entre les objectifs d’une politique éducative et la pratique

Au Québec, en revanche, "les commissions scolaires cherchent à affecter de manière beaucoup plus centrale qu’auparavant le cœur de l’école, à savoir le travail pédagogique des professeurs". L’objectif est de réduire le "découplage" entre les grands objectifs d’une politique éducative et la pratique sur le terrain. Cet objectif est lié à une observation qui date des années 80 : "la plupart des réformes s’arrêtaient à la porte de la classe et ne concernaient que des aspects relativement périphériques de l’école".

Cette "mise en place d’une gestion de la pédagogie est quelque chose de nouveau", souligne Christian Maroy. Elle mobilise différents outils : des outils et des plateformes de données statistiques, des outils de type managériaux (contrats, plans stratégiques) mais aussi des outils de nature plus pédagogique. Parmi ces derniers : des réunions d’équipe (en français ou maths) ou – de plus en plus – la constitution de communautés d’apprentissage professionnel : "les apprentissages professionnels se font au travail, entre collègues qui résolvent entre eux les problèmes qu’ils rencontrent".

Un grignotage de l’autonomie des enseignants

Cette "gestion de la pédagogie" affecte doublement l’autonomie professionnelle des enseignants. D’abord, parce qu’elle instaure une forme d’obligation normative de réflexivité, conduite au cours des réunions collectives. Cette obligation est facilitée par les outils statistiques qui rendent visibles les résultats. Elle est aussi instrumentale parce qu’elle est orientée par la question du rendement scolaire : on ne demande pas aux enseignants d’être réflexifs sur les finalités, on leur demande d’être réflexifs sur les solutions.

On observe aussi un grignotage de l’autonomie des enseignants en matière de pratiques des évaluations : par exemple, les épreuves du ministère deviennent des étalons, qui permettent aux enseignants de se positionner sur leur niveau de sévérité dans les notes. De plus, cette gestion génère des demandes de conformité en ce qui concerne les contenus enseignés pour qu’ils soient le plus pertinent possible par rapport aux évaluations externes.

Des risques de dérive

En conclusion, Christian Maroy estime que la gestion aux résultats présente un certain nombre de risques, parmi lesquels "une réduction curriculaire aux matières testées à l’externe" et "une confiance ’unilatérale’ dans les données, avec un risque de surinterprétation". Mais, surtout, il voit un risque de "déprofessionnalisation" ("au sens où il y a une réduction de l’autonomie de décision" et une orientation des réflexions) et de déresponsabilisation, les pratiques éducatives étant réduites au statut de moyens par rapport à des objectifs qui sont définis de l’extérieur – alors que la question des finalités éducatives se pose aussi dans le choix des moyens.

 

12 visiteurs en ce moment

*Top

SNUipp-FSU Aveyron :

- 8 rue de Vienne, les Corniches de Bourran 12000 RODEZ
- Tél : 05.65.78.13.41
- mèl : snu12@snuipp.fr

Permanences :
- Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi les ap.m.
- Mardi, Mercredi, Jeudi les matinées.

Sur Facebook : plan et photos SNUipp-FSU12


©Copyright 2006 - SNUipp-FSU Aveyron, tous droits réservés.