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21 novembre 2017

Quelle est la différence entre la carrière d’un enseignant et celle d’une enseignante ? (*)

« En 2015-2016, dans le premier degré, 82,4 % des professeurs des écoles sont des femmes, mais seulement 74,7 % d’entre elles sont directrices d’école. […] Dans le premier degré public, le salaire net des hommes est supérieur de 8 % à celui des femmes (3 % dans le secteur privé) ». C’est le constat effectué par le Bilan Social 2015-2016 publié cette année par le Ministère de l’Education Nationale qui montre, ainsi que différentes études, l’existence d’autres inégalités hommes-femmes au sein de notre corps de métier.

Les hommes sont favorisés dès le concours

Les femmes constituent la majorité des professeurs des écoles. Dans une étude publiée en 2011, Céline Delcroix, docteure en sciences de l’éducation et formatrice à l’ESPE de Créteil, avance que les femmes sont 4,5 fois plus nombreuses que les hommes à se présenter au CRPE. Elle démontre que lors de l’écrit du concours, anonyme, alors que les membres du jury ne connaissent pas le sexe des candidat-e-s, les femmes réussissent mieux que les hommes avec un écart significatif moyen de 7,4 %. A l’oral cependant, les disparités de réussite entre hommes et femmes s’estompent sensiblement puisque l’écart moyen tombe à 1,48 % en faveur des femmes. L’oral semble donc valoriser les hommes. Plusieurs interprétations de ce phénomène sont possibles : ou les hommes sont plus brillants que les femmes à l’oral, ou ils profitent d’une discrimination positive à leur égard. Elle suggère une enquête approfondie sur les critères de notation utilisés à l’oral ainsi que des entretiens avec les membres des jurys afin de mettre à jour ou non un éventuel biais sexiste de l’évaluation. Différentes pistes sont à explorer, telle la proportion d’hommes et de femmes dans la constitution des jurys de concours, et l’incidence qu’elle peut avoir sur les résultats des candidats. Mais les inégalités se poursuivent aussi tout au long de la carrière, à commencer par la rémunération.

Des inégalités de salaire

Si les barèmes sont censés assurer une forme d’égalité, il existe néanmoins des éléments qui créent des différences. Le Bilan Social 2014-2015 établit que « parmi les professeurs des écoles du public, l’écart de primes est de 50 % entre hommes et femmes (sur des montants inférieurs à 200 euros), en lien avec une relative surreprésentation des hommes dans les directions des écoles. Les écarts de rémunération en défaveur des femmes sont plus importants parmi les hauts salaires que parmi les bas salaires. Dans le 1erdegré public, en haut de la distribution des salaires [9ème décile], les enseignants de sexe masculin perçoivent en moyenne 300 euros de plus que les enseignants de sexe féminin, alors que, dans le bas de la distribution des salaires [1er décile] , les enseignants perçoivent en moyenne 70 euros de plus que les enseignantes. ». Le bilan social de l’Académie de Créteil de l’année 2016 montre que - dans le 1er degré -l’indice moyen pour les femmes est de 519 alors que l’indice moyen pour les hommes est de 525. Il y a peu de données pour tenter de tirer des éclaircissements sur la question mais la différence semble surtout se jouer au niveau de l’avancement.

Une inégale évolution de carrière

Dans la Fonction publique, femmes et hommes sont recruté·e·s de la même manière et sont soumis·e·s aux mêmes règles concernant l’avancement promotionnel puisqu’il leur est appliqué des grades et des échelons identiques. La grille de salaires est identique quelle que soit l’appartenance de sexe. En outre, l’avancement s’effectue à partir de critères apparemment neutres comme le succès au concours et l’ancienneté dans le grade. Il est donc admis que les femmes peuvent aussi bien que les hommes bénéficier des possibilités de promotion existantes. Notons que plus on monte dans la hiérarchie professionnelle et moins il y a de femmes, même si le taux de féminisation dans les grades les plus élevés est en augmentation. Un autre exemple : parmi les conseillers pédagogiques, la proportion d’hommes est largement supérieure à leur représentation dans le corps du 1er degré. Les hommes seront plus encouragés que les femmes à progresser et à prendre de nouvelles responsabilités La question récurrente de l’inégalité dans le partage des responsabilités familiales reste également l’un des freins les plus importants à l’évolution de carrière des femmes.

Le rapport annuel publié en novembre par la FSU montre que ce phénomène d’inégalités hommes-femmes basé sur l’avancement ne touche pas seulement les enseignants, mais tous les corps de la Fonction publique, qu’elle soit d’Etat, territoriale ou hospitalière. Céline Delcroix ajoute : « La Fonction publique revendique d’appliquer des règles neutres par rapport au sexe de ses agents. Mais en réalité, comme elle ne prend pas en compte les mécanismes insidieux qui agissent dans la société pour produire de l’inégalité entre les sexes, nous nous demandons si elle ne laisserait pas agir ces mécanismes dans les procédures de recrutement et de promotion des professeurs des écoles comme dans bien d’autres champs professionnels. » La multiplication de bilans et d’études plus précis seraient des points d’appui pour combattre ces disparités que personne désormais ne peut plus ignorer.

 

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