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28 avril 2018

Avec Jean-Michel Blanquer, il pleut des injonctions sur la tête des professeur-es des écoles !

Le ministre n’est jamais disponible pour rencontrer les enseignant-es ou leurs représentant-es. C’est donc dans les médias que depuis un an, la profession entend parler de « l’école de la confiance » que Jean-Michel Blanquer dit appeler de ses vœux.

Qu’en est-il dans la vraie vie des professeur-es des écoles ?

Déjà, en décembre 2017, au lendemain de la parution des évaluations internationales PIRLS sur la lecture, le ministre s’était exprimé au cours d’une conférence de presse en des termes très violents : il avait en effet déclaré que « laisser les enseignants choisir leurs méthodes et leurs manuels relevait de la non assistance à élèves en danger ». Il oubliait, bien sûr, de rappeler que les élèves évalués par PIRLS avaient suivi les programmes de 2008, centrés sur les « fondamentaux ». Programmes que lui-même avait contribué à mettre en œuvre quand il était DGESCO (directeur général de l’enseignement scolaire) pendant le quinquennat Sarkozy. Dommage, il ne s’est trouvé aucun journaliste pour le lui rappeler.

Ce qui « tombe sur la tête » des professeurs des écoles depuis le début du printemps nous conforte dans l’idée que la « confiance » du ministre n’est en aucun cas dirigée vers les enseignants.

Animations pédagogiques

Une note ministérielle du 26 mars 2018 restreint les 18h d’animations pédagogiques annuelles à 9h de français et 9h de mathématiques, quoi qu’il arrive. Ainsi, les conseillers pédagogiques et les inspecteurs de circonscription qui construisaient des animations en fonction des projets ou des besoins des équipes d’école devront tout arrêter. Au panier, « école et cinéma » ou tout autre animation pour développer le travail artistique ; finie, l’aide pédagogique pour construire des progressions en histoire en lien avec les musées ou les monuments et autres sites du département. Les formations pour adapter sa pédagogie aux élèves à besoin particulier et travailler avec les AVS (auxiliaires de vie scolaire), les animations sur l’EPS ou la laïcité, doivent faire place aux « fondamentaux ». Voilà toute la confiance faite aux acteurs de l’école pour aborder tout ce que les programmes nationaux prévoient pourtant…

APC

Pas le temps de respirer, voilà la note ministérielle du 29 mars 2018 sur les APC. Suivant la consigne syndicale du SNUipp-FSU, de nombreux enseignants se sont réappropriés ces heures, pour pouvoir mener à bien tout le travail « satellite » aux 24h de classe. Ainsi, certaines équipes ont priorisé les relations école-famille, d’autres ont choisi de développer la réflexion pédagogique d’équipe pour renforcer la qualité du travail qui bénéficie à tous les élèves. D’autres encore ont continué à travailler avec des petits groupes d’élèves pour développer des projets d’école… Le ministre, du haut de sa « confiance », ignore que les professeurs des écoles sont les mieux placés pour savoir ce dont les élèves ont le plus besoin dans l’école où ils travaillent ! A partir de la rentrée, si l’on écoutait le ministre, ce devrait être lecture pour tout le monde… car comme l’on doit faire du B-A, BA pendant le temps de classe, il faut bien trouver des « niches » pour développer la compréhension et tenter de familiariser les enfants aux livres… et tant pis si cette note contredit le décret qui prévoit que les APC peuvent se décliner de différentes manières. La « confiance » de Jean-Michel Blanquer lui permet aussi de s’asseoir sur les textes existants.

Et dans la foulée, voici que sont rédigées quatre nouvelles notes, parues au BOEN du 25 avril, deux sur l’enseignement de la lecture, de la grammaire et du vocabulaire, deux sur les mathématiques.

Au SNUipp-FSU, après avoir parcouru ces notes portant sur les « fondamentaux » chers au ministre, nous ne voyons pas en quoi elles pourraient bien permettre de résoudre le problème des inégalités à l’école ou répondre aux enjeux levés par les évaluations internationales. Les évaluations PIRLS, par exemple, disent clairement que les élèves français ne sont pas en difficulté sur les compétences de base, mais sur toutes les compétences fines qui permettent de construire la compréhension en lecture. Comment croire le ministre qui prétend lutter contre les inégalités scolaires, quand il enjoint les enseignants à se concentrer sur ce qui ne permettra pas aux élèves de devenir des lecteurs experts, pour ne parler que de la lecture ?

Enfin, le 26 avril, c’est dans Le Parisien que nous apprenons qu’un « guide pour le CP » va être adressé à tou-tes les enseignant-es concerné-es.

Le ministre, qui explique que ce guide « sécurisera les enseignants », prétend s’appuyer sur les travaux de la recherche. Nous invitons tous nos collègues à lire l’article « Lecture : mais que disent vraiment les neurosciences ? », afin de réaliser qu’un tri idéologique a été opéré dans les recherches en question. En effet, dans la recherche de Stanislas Dehaene, on trouve des pistes très intéressantes pour travailler la compréhension en lecture : on découvre par exemple que la voie directe (*) doit être développée au même titre que la correspondance entre les lettres et les sons, si l’on veut parvenir à un bon niveau de lecture… Mais ce n’est pas cet aspect-là de la recherche qui est mis en avant : le ministre l’a décidé, tout le monde fera du B, A - BA, un point c’est tout.

Mais dans la confiance, évidemment… et le ministre précise : des conseils éclairés sur les manuels à utiliser ne vont pas tarder. Il s’agira de manuels « pour tous les élèves, explicite(s), linéaire(s), clair(s) ».

Alors, que fait-on ? Accepterons-nous qu’enseigner devienne un métier d’exécutant ? Notre cadre de travail est et reste les programmes nationaux. Les programmes votés en Conseil supérieur de l’Education ont force de loi, et les enseignant-es ont toujours la liberté pédagogique pour les mettre en œuvre. Le SNUipp-FSU invite tou-tes les enseignant-es à débattre de la conception qu’ils et elles se font de leur métier. Dans les mois qui viennent, nous ne perdrons que ce que nous ne mettrons plus en œuvre.

 

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