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14 janvier 2019

Enquête CHSCT sur les élèves perturbateurs, résultats.

Le SNUipp-FSU de l’Aveyron a décidé de s’emparer du sujet des élèves hautement perturbants. En effet, de plus en plus de collègues ou d’écoles interpellent les élu·es SNUipp-FSU du CHSCT sur des situations de souffrance au travail, de difficultés à exercer leur métier d’enseignant…

Dans un premier temps, nous avons mis ce sujet à l’ordre du jour de la plupart de nos réunions syndicales et stages courant 2018.

Puis, nous avons lancé une enquête pour avoir une base de travail lors du CHSCT sur le sujet. Nous demandons une prise en compte de ce phénomène .

Vous trouverez ci-dessous les résultats de l’enquête lancée en décembre 2018 qui constitue une première reconnaissance du problème. Nous demandons donc à la nouvelle DASEN de prendre les décisions qui s’imposent pour trouver des solutions pour ces enfants comme pour la santé des collègues.

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Voici une liste de réponses reçues à la question "Autre" :

• "Arrogance d’enfants rois

• Agitation permanente avec incapacité de répondre à certaines consignes

• Incapacité de répondre de ce fait à certaines consignes Il n’embête personne en classe et fait semblant de dormir. Aimerais avoir des astuces.

• Violences avec adultes et enfants, refus de toute contrainte

• Violences de l’élève envers lui-même (mise en danger)

• Non-respect des règles de classe, mise au travail difficile, parents "sourds"

• Le décalage et l’inadaptation de certains enfants à la vie en collectivité et aux contraintes de la vie de classe

• Le nombre d’élèves perturbateurs et le nombre d’élèves dans la classe

• Des parents qui ne prennent pas la mesure du problème

• Harcèlement entre élèves Famille des élèves perturbateurs qui ne nous soutiennent pas.

• En opposition scolaire et en décrochage ; des difficultés relationnelles

• Démarches administratives longues, attitude face aux familles, pas toujours écoute des familles, élèves de maternelle où on nous demande d’observer

• Violence envers le matériel

• Insolence

• La scolarisation des enfants en TSA n’est pas du tout évaluée (en termes de temps passé pour l’auto formation, de préparation de la classe pour eux, de l’aménagement qui leur est nécessaire, leur relation aux adultes…)

• Encoprésie

• En attente de place en ULIS.

• Cri, court, écholalies

• D’être confronté à sa détresse sans trouver de réponse qui le rassurerait

• S’enfuir de l’école

• Tous les déplacements sont compliqués, suis obligée de porter l’élève pour le faire suivre. Comme il ne l’accepte pas, je prends des coups …

• Insultes de l’enfant, violence (coup de poing, coup de pied, crachats) Menaces de blessures faites par l’enfant au personnel L’AVS n’est pas tenu au courant du suivi médical de l’enfant, n’a pas de contact (pour conseils, conduite à tenir) avec les intervenants (psy scolaire…, para- médical…) en école auprès de l’enfant L’AVS n’a pas connaissance lors de l’embauche du type et degré d’handicap de l’enfant.

• La moitié de l’effectif a des aménagements à cause de troubles spécifiques "

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Voici une liste de réponses reçues à la question "Autre" :

• "Les élèves perturbateurs font partie de notre quotidien et ce n’est pas que ceux qui relèvent de la MDPH qui posent problème. Ils sont dans toutes les classes, présents, conscients qu’à l’école, on ne peut pas leur faire grand-chose (pas de menace de croix ou de colle comme au collège, pas de carotte). Même certains parents nous rient au nez quand on les reçoit pour leur dire comment leurs enfants se comportent. C’est une déroute sociétale au sein de laquelle on ne nous donne aucun outil, aucune solution pour que ça aille mieux.

• Pas d’aide de la part de la DSDEN 12. Je me débrouille comme je peux

• L’élève est désormais en ULiS

• J’ai fait remonter les faits sur onde pour une crise où elle a fini par s’enfuir dans la cour en disant qu’elle voulait "se barrer". J’essaye de travailler avec le CESSAD et j’informe l’enseignante référente. Je pense demander une équipe éducative si les difficultés se poursuivent.

• Signalement RASED + RDV famille

• En tant que TRB, les collègues que je rencontre dans les écoles semblent isolés (absence de psychologue, maître spécialisé) et livrés à eux-mêmes face aux difficultés.

• IEN contactée l’an dernier, qui a contactée l’IEN ASH, une AVS a été attribuée avant même la saisine MDPH

• Je n’attends pas de réponse de la part de la circonscription ni du RASED (débordé)

• Je viens de prévenir l’IEN . J’attends de voir ce qui va être proposé mais je reste réaliste, je pense qu’il n’y a pas de solutions …

• Quand on a un élève autiste en inclusion, trois autres en attente d’entrée en Ulis, et trois encore ne relevant pas de la MDPH mais extrêmement perturbateurs, je suis dubitative quant aux inclusions … et je suis très abasourdie de voir que l’enseignant d’Ulis n’a qu’un ou deux élèves et une AVS, alors que je souffre avec les inclusions et les futurs Ulis dans une classe à plus de 25. Je suis aussi dubitative quant aux bénéfices de ces inclusions et surtout, surtout, les élèves plus "classiques" ne s’épanouissent pas comme ils devraient l’être. Mais il ne faut pas dire tout cela car ce n’est pas politiquement correct.

• De l’écoute mais très peu de soutien de la hiérarchie et d’aide concrète et efficace. Beaucoup de formulaires à remplir, d’appels aux CMPP, services sociaux…. Sur son temps perso bien sûr pour finalement aucunes avancées. Pas de RASED : école trop loin géographiquement. Réponses toutes faites par mail de leur part.

• Un élève a été orienté en urgence vers L’ITEP, l’autre a vu son temps de présence diminué d’une demi-journée. (Soutien de l’enseignant référent, de la psychologue scolaire et de l’IEN )

• Cet élève était en ITEP pendant 1 an et les parents ont refusé qu’il y retourne, c’est pour cela que la MDPH a refusé.

• Une élève est suivie au niveau psy une fois par semaine sur Rodez, est sous traitement, les parents sont dans un groupe de parole ; mais peu de solutions en ressortent (avis des parents et le mien aussi) une prise en charge pour une autre élève se met en place mais les parents ont eu du mal à accepter de consulter.

• Contrat entre l’enseignant, l’élève et les parents

• J’ai fait vendredi une remontée de faits d’établissement. Je n’ai pas encore contacté la circonscription à propos de cet élève car je pensais cette situation gérable mais aussi parce que je venais juste de régler un gros problème avec des jumeaux très perturbateurs qui ont déménagé maintenant. Pour cet enfant lors de la dernière équipe éducative le RASED devait faire un suivi mais jusqu’à ce jour rien !!! Je n’y crois plus trop aux aides.

• Aucun intérêt : seul conseil ou aide : Arrêtez-vous !

• L’inspectrice a envoyé quand elle le pouvait un enseignant en renfort. Elle a appuyé une prise en charge à l’hôpital de jour plus importante et une demande d’orientation en ULIS pour l’année de CP.

• Le médecin scolaire a compris la situation difficile

• Tout a déjà été tenté, j’adapte, je module

• L’IEN connait la situation de l’un de ces élèves qui vient d’être exclu d’une ULIS dans le privé. Il relève donc de la MDPH, a obtenu une nouvelle orientation en ITEP, mais faute de place il est en milieu ordinaire. D’autres élèves dans la classe posent également de problèmes (enfants du voyage, un élève dysphasique avec lui aussi une AVS, un élève avec des troubles du comportement, mais non reconnu)

• J’ai "harcelé" par mail l’IEN de l’époque, j’ai fait un signalement, j’ai envoyé un courrier à toutes les instances possibles (IEN, RASED, Santé scolaire, …) pour signifier la situation d’urgence (risque que l’enfant en blesse un autre, risque de le blesser en devant le contenir physiquement, risque qu’il nous blesse pendant ses crises, souffrance collective dans la classe : l’élève en question, ses camarades, moi-même)

• L’inspection nous demande de signaler les faits sur onde ’faits établissement" puis de faire une équipe éducative et de se rapprocher de l’assistante sociale référente.

• L’équipe des enseignants gère le problème au quotidien car c’est bien AU QUOTIDIEN que nous avons ces élèves. En tant que directrice, je fais tout ce qui doit être fait pour prendre en charge cet élève (équipe éducative, suivi médical quand il y en a un…). Le soutien de la circonscription est peut-être un peu plus présent cette année ?!……mais on ne peut que constater UN MANQUE, UN VIDE au niveau des prises en charge dès la maternelle……Pour ces élèves-là, la Maternelle a alerté, re alerté, et rien ne se met en place avant 7 ans !Le RASED n’intervient pas ( pas de prises en charge). Ils arrivent au CP avec de grandes difficultés. Il est temps d’avertir notre ministère que c’est un problème de santé publique !

• Avec moins d’élèves par classe (29 actuellement), il serait plus facile de gérer cette élève.

• En attente d’une place pour un bilan, qui permettra ensuite de saisir la MDPH…

• Les délais de prise en charge étant toujours très longs, les plus petits enfants passent souvent 2 à 3 ans sans aucune aide extérieure. Seuls les enseignants supportent …

• Cellule ASH contactée et une solution a été trouvée au bout de 3 semaines l’inspection n’a pas répondu à mon besoin de formation "

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Les réponses reçues à la question "Autre" :

• "Je tiens grâce à la stabilité et à l’équilibre de ma famille grâce aussi à une assez bonne ambiance dans l’équipe. Je suis épuisée physiquement et moralement. Si je savais quoi faire d’autre, j’envisagerais une reconversion professionnelle (cela ne reste pas exclu mais je trouve peu de choses pour me reconvertir et je n’ai pas le courage de reprendre mes études )

• J’ai envisagé d’arrêter d’exercer le métier d’AVS car trop d’impacts sur ma vie personnelle. Mais grâce au soutien de mes collègues, étant attachée à l’enfant (En grande souffrance également) et ne voulant pas "l’abandonner", j’ai tenu le coup.

• J’arrive à tenir grâce à mes proches, au yoga, à la natation, au footing et au chocolat !

• J’arrive à tenir parce que j’adore mon métier et que chaque petit pas en avant est une victoire.

• Les difficultés sont plus liées à la gestion de ces élèves spécifiquement quand ils sont dans un groupe classe peu concerné par l’école, pas dans le rôle d’élève et d’apprenant. Et qu’il faut gérer des différences de comportement en plus de toutes les autres adaptations qu’il faut gérer : élèves avec notif ULIS mais sans affectation, PPS, PPRE, PAI, jongler avec les prises en charge extérieures… c’est plus un effet "pieuvre" avec de multiples bras…

• Je suis résignée mais dégoûtée pour l’enfant concernée

• Je le gère au " jour le jour" comme je peux.

• Je suis en fin de carrière, j’essaie de relativiser et de faire accepter la différence de l’élève pour l’intégrer au mieux, au milieu de ses camarades, pour qu’il ne soit pas rejeté. S’il n’atteint pas tous les objectifs attendus en fin d’année, tant pis !!!!! Je tente de le suivre, au plus près de ses possibilités, petit à petit…

• Les anciennes réponses apportées par la hiérarchie ou les CPC sont fantaisistes et suggèrent qu’on ne travaille pas assez, qu’il faut différencier encore et encore. Moins ça marche et plus on continue.

• Je tiens mais c’est épuisant. Et jusqu’à quand ? Classe à multiple niveau et mêmes élèves perturbateurs pendant plusieurs années d’affilée

• Certaines années, j’étais réellement épuisée physiquement et moralement et j’ai envisagé la reconversion professionnelle, mais pas cette année, je pense que l’aide de l’AVS y est pour beaucoup.

• Ces élèves ne sont pas forcément "perturbateurs", en termes de violence etc…. ils ne veulent pas "travailler" tout simplement. Cela perturbe la bonne marche de la classe car ils monopolisent mon attention, m’empêchant de travailler correctement avec les autres élèves qui ont envie eux, d’apprendre…. Des "enfants-rois", uniquement dans la toute-puissance et le caprice en cas de "frustration" (quand on leur dit "non"). Je précise que je travaille cette année dans un milieu assez "chanceux", petite école de 2 classes en milieu rural. Et pourtant je ne m’occupe que des petits, mater + CP. J’ai travaillé ailleurs ces dernières années et le constat était le même…. J’ai parfois du mal à endiguer mes propres réactions, parfois laxistes, parfois violente "moralement"….. Je n’ai pas encore eu de retour ni de plainte de parents….

• Je fais du yoga et du gi-gong ; je me suis intéressée aux intelligences multiples et tente de mettre en place des actions et des espaces dédiés aux moments difficiles, j’ai un âge certain qui me permet de prendre du recul, beaucoup de discussions avec tous les élèves et d’humour. J’avoue que certains jours c’est physique.

• Cela dépend de l’état général de l’enseignant à un moment T et de l’ambiance de classe.

• Atsem parfaite ; nous nous soutenons … et les élèves sont de même gérables.

• Equipe épuisée !

• J’arrive à tenir car nous sommes dans l’attente d’une orientation et maintenant il y a peu d’heures de présence. J’adapte mon emploi du temps pour ne pas être dans les parties communes lorsqu’il est à l’école. Elles doivent restées libres pour que l’AVS s’y installe quand il est en crise. Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est la peur que je lis dans les yeux de mes petits élèves (PS, MS)

• Les parents des autres enfants les entendent relater des faits de l’enfant perturbateur et de l’intervention de l’adulte. Sorti du contexte cela peut prêter à confusion. Cela a été le cas la 1ère année tant que le diagnostic n’était pas encore posé. Je ne comprends pas comment on peut accueillir au mieux ses enfants qui apprennent (lorsqu’on les accompagne bien) sans aucune formation. La journée dont j’ai bénéficié cette année était intéressante mais arrive bien tard et est loin d’être suffisante. Il nous arrive souvent d’avoir la sensation de tout rater, de n’arriver à rien … Nous ne sommes pas du tout soutenus. L’inspection connaît -elle seulement ces élèves ? Pourquoi personne ne vient les voir en classe pour au moins élaborer un profil (agité ou non, violent ou pas…) et pouvoir mettre les moyens adaptés derrière et surtout seconder l’enseignant sur la gestion des problèmes administratifs.

• Aucune reconnaissance des progrès réalisés ni concernant la gestion de la situation de la part de la hiérarchie, on se débrouille et si cela marche ras, en cas de crise ras aussi

• Temps partiel

• L’enfant que je suis en GS n’a pas les capacités à suivre en classe ordinaire il relève de l’IME les parents sont dans le déni et agressifs

• Année très épuisante :la plus difficile de ma carrière (29 ans)

• Remise en question permanent e de son travail, de son attitude face à ces élèves, à leur gestion individuelle et à leur gestion dans le groupe

• Je n’étais pas moralement atteinte moi-même, mais très consciente du poids que l’inadaptation de notre système faisait subir et à cette enfant et aux autres élèves de sa classe qui vivaient des conditions d’apprentissage fragilisantes, insécurisées physiquement et affectivement.

• Je me dis que je n’ai qu’une année à tenir, mais je plains ces enfants et les autres enfants de la classe qui subiront leur violence sur du long terme.

• J’ai l’impression de ne servir à rien pour cet enfant.

• Il y a des jours où c’est très difficile

• Il était loin d’être le seul responsable de notre épuisement…

• Il faut plus de médecins scolaires et des visites régulières dans les REP.

• Je me sens démuni face aux crises de l’élève. J’ai une procédure de gestion de crise mais bon quand ça arrive, ça perturbe toute la classe et c’est dur de continuer les apprentissages après avec l’élève et les autres élèves. Je n’ai pas été formé pour réagir dans ces situations-là.

• Je tiens pour l’instant car je sais prendre du recul mais je ne me sens pas du tout soutenu par ma hiérarchie et aucune prise en charge n’existe pour aider cet enfant

• Je maudis ma hiérarchie et le RASED (4 signalements avec PPRE effectués et transmis à l’IEN)

• Les autres élèves souffrent également beaucoup de cette situation

• Je crains de me faire mal au dos : je suis très souvent debout ou assisse à terre, je dois suivre l’enfant sans arrêt dans sa déambulation en classe. Je crains un burn out Je stresse car l’enseignant s’imagine que je dois réussir à pouvoir "contenir" l’enfant lors d’une de ses crises. Ce n’est pas facile !

• L’accumulation de situations difficiles (comportement, difficultés scolaires, suivis, réunions) rend notre métier complexe, peu de soutien et de reconnaissance de la part de notre hiérarchie à qui il manque la connaissance réelle du terrain."

 

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