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24 février 2020

Chantier réforme des retraites - Atelier n°4 - Premières annonces de revalorisation : un leurre… sous contreparties

Le projet d’utilisation des 500 millions d’euros affectés dans la loi de finance en 2021 a été dévoilé vendredi par le ministère terminant une première phase de concertation sur la revalorisation des enseignantes et des enseignants : Des propositions pas à la hauteur et non sans contreparties. En effet, dans le cadre d’une réforme des retraites qui ferait perdre plus de 600 euros de pension mensuelle moyenne aux générations nées après 1975, les propositions du ministère pour 2021 se situent dans le cadre étriqué et insuffisant d’une somme globale de 500 millions pour plus de 900 000 personnels concernés…
Exit les 10 milliards : pour 2021, seuls 200 millions d’euros sur les 500 promis permettront de financer une bien maigre revalorisation ciblée…

Quatre scenarii de mise en œuvre d’une prime d’attractivité dégressive d’un montant variable selon le nombre de collègues concerné.es ont été présentés. Il s’agit de propositions de revalorisation des débuts de carrière qui peuvent être étendues sur toute la classe normale. Les sommes engagées restant les mêmes, on les redistribue différemment :
  • Le premier scénario prévoit de verser une prime aux échelons 2 à 5 allant de 157 à 64 € nets par mois de façon dégressive de l’échelon 2 au 5ème. Cela toucherait seulement 14% des enseignants. Au-delà de l’échelon 5, il n’y aurait rien.
  • Le scénario 2, prévoit d’attribuer la prime aux échelons 2 à 6, soit 23% des enseignants, en diminuant son montant. On passerait de 128 à 49.80€ nets par mois.
  • Le scénario 3 envisage de verser la prime de l’échelon 2 au 8ème échelon en faisant passer son montant de 114€ (échelon 2) à 14.25€ (échelon 8). Cela toucherait 44% des enseignants.
  • Enfin le scénario 4 concerne 76% des enseignants mais toujours dans la même enveloppe budgétaire. La revalorisation concernerait tous les enseignants de la classe normale (76% des enseignants) avec une prime allant de 92€ nets par mois à l’échelon 2 à 14.25€ par mois pour les échelons 8 à 11.

Ces mesures seraient appliquées au 1er janvier 2021 à toute la population enseignante, les CPE, PLP, Psy EN… Le choix de l’indemnitaire par rapport à l’indiciaire est justifié par le ministère pour répondre au décrochage indemnitaire des enseignant.es par rapport aux autres corps de la Fonction publique d’État et également par peur de Bercy d’une « contagion » aux autres fonctionnaires. Cette indemnité sera cumulable avec la prime d’entrée dans le métier. Le ministère n’exclut pas de proratiser cette nouvelle indemnité en fonction du temps de présence.

Il n’est pas question de réviser les grilles salariales ou encore d’augmenter le point Fonction publique, solutions qui impliquerait tous les fonctionnaires. C’est la stratégie de l’arrosoir appliquée à la revalorisation : tout le monde est mouillé et tout le monde continue d’avoir très chaud !

Une amélioration des conditions d’accès à la hors-classe et à la classe exceptionnelle

Le ministère se dit prêt à faire évoluer les ratios de promotion à la hors-classe et à répartir différemment les viviers de la classe exceptionnelle pour passer d’une répartition 80/20 entre le vivier 1 (8 années de fonctions particulières) et le vivier 2 (dernier échelon de la hors classe) à une répartition 60/40. Mais le second vivier est le plus « méritocratique » et cela répond essentiellement aux soucis du second degré pour pourvoir au premier vivier. Dans le 1er degré, cela ne règle en rien la non utilisation de toutes les possibilités de promotions dans la cadre actuel.

Sur la HC, la FSU a rappelé la situation des ex-instituteurs pénalisés par le critère de l’ancienneté dans le grade au lieu de l’AGS et dénoncé les trop nombreux départs en retraite sans atteindre la hors classe.

Le reste de l’enveloppe distribué sous contreparties

Deux autres mesures seraient financées sur cette même enveloppe de 500 millions : des temps de formation continue rémunérés pendant les vacances ainsi que le développement des heures supplémentaires effectives (HSE) dans le second degré. Autant dire la mise en place d’un « travailler plus pour gagner plus  », alors même que la revalorisation devrait entièrement porter sur la reconnaissance de la réalité du travail visible comme invisible qui n’est plus à démontrer dans la profession. Ainsi, la revalorisation des enseignants n’est vue que comme un levier pour leur imposer de nouvelles tâches.

Concernant le renforcement du dispositif de formation pendant les vacances scolaires : Le minstère veut ainsi « faire vivre » le décret de septembre 2019 sur la formation hors temps scolaire pour résoudre aussi les problèmes de remplacement lors des sessions de formation à savoir jusqu’à 5 jours de formation obligatoire sur temps de vacances rémunérée à 120€ brut la journée. JM BLanquer pourrait ainsi imposer sa vision ministérielle du « nouveau métier enseignant » et du rôle que se donne le ministre de faire évoluer les pratiques pédagogiques selon ses idées.

Sur ces deux derniers points, la FSU a fait état de son total désaccord, rappelant que la formation continue et le remplacement relève de politiques spécifiques, gagées sur des moyens humains et financiers suffisants pour améliorer la qualité et la continuité du service public. Il est hors de question d’y répondre en augmentant la charge de travail des enseignant-es. Par ailleurs, ces contreparties indemnitaires renforceront encore les inégalités salariales entre les femmes et les hommes.

Les discussions à venir…

Concernant la LPPE (loi de programmation pluriannuelle pour l’Education), la concertation durera jusqu’en juin pour présenter une trajectoire chiffrée sur 5 ans avec un rapport annexé détaillé qui aurait valeur législative et la possibilité de fixer des objectifs de plus long terme au-delà de 5 ans.
Le point de vue et les interventions du SNUipp et de la FSU

Une bien maigre revalorisation
Même si cette première concrétisation est à mettre complètement à l’actif des mobilisations enseignantes depuis le 5 décembre dernier, elle reste d’une part complètement corrélée à la question des retraites et surtout ne correspond pas à la hauteur du déclassement salarial que subissent les enseignantes et les enseignants français. Ainsi en ne s’engageant que sur une première enveloppe de 500 millions et sur une loi de programmation pluriannuelle sur 5 ans débordant la mandature actuelle et avec, a priori, 500 millions supplémentaires chaque année, le ministère n’affiche même plus l’objectif des 10 milliards qui avait pourtant été annoncé plusieurs fois face caméra. On est loin pour l’instant de la mise en œuvre d’une véritable loi de programmation pluriannuelle ambitieuse permettant de revaloriser très rapidement l’ensemble de la profession et d’améliorer fortement l’attractivité du métier.

Une revalo en forme de leurre pour modifier le métier ?
Ces annonces sur la revalorisation ont été précédées de trois ateliers de travail au ministère revisitant les missions des personnels enseignants avec l’idée d’évoluer vers une «  meilleure gestion des ressources humaines ». S’il est vrai qu’en la matière la marge de progrès est conséquente pour ce ministère-employeur, ses objectifs sont en contradiction avec ce qui fait la culture du métier : « Individualisation des carrières  », « développement des postes à profil », « introduction de la direction d’école dans la chaine hiérarchique », autant d’objectifs plus ou moins avoués qui viennent donner une couleur managériale bien éloignée des valeurs de l’école et surtout de ses besoins pour améliorer la réussite de tous les élèves. Développer les collectifs de travail ne peut consister à imposer des pratiques et des fonctionnements, comme peut le laisser à penser la recherche d’un « meilleur pilotage » cher à ce ministre…

Le sujet de la revalorisation du métier enseignant doit être déconnecté du dossier des retraites. Ce métier ne s’exerce pas au mérite. Il mérite tout au contraire une véritable reconnaissance financière pour en améliorer ses conditions d’exercice et d’attractivité et ce sans aucune contrepartie supplémentaire.

Il est plus qu’urgent que des discussions s’ouvrent vraiment sur la question de la revalorisation et que celle-ci soit traitée sérieusement et complètement, en programmant dès maintenant un budget suffisant.

La FSU revendique des mesures générales reconnaissant effectivement les qualifications et l’investissement de tous les personnels, des mesures qui s’appuient sur tous les leviers qui permettent d’améliorer les carrières : revalorisation des grilles de tous les métiers, amélioration des taux de promotion pour parvenir à des carrières fluides permettant à tous les personnels d’atteindre les échelons terminaux de leur corps, requalifications massives des filières administrative et technique…
Lire le communiqué de la FSU "500 M€ à l’éduc : un leurre de revalorisation… sous contreparties"

Lire aussi dans le Café Pédagogique "Revalorisation : Finalement ce sera 200 millions"
Lire aussi sur Mediapart "Education Nationale : des sous-salariés ?"

 

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