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21 novembre 2008

Déclaration Intersyndicale 20 nov

Déclaration Intersyndicale lue à 5 voix (CGT, SGE, FSU, SE, SUD) le 20 novembre place de la Préfecture à Rodez.

L’école publique est en danger.

Partout, dans les classes, les établissements et les services, les personnels constatent les conséquences d’une politique de destruction de l’emploi public qui, en matière d’éducation, tourne le dos à l’idée d’une Ecole laïque et émancipatrice, véritablement gratuite et ouverte à tous sur l’ensemble du territoire.

Le ministre Darcos donne aujourd’hui le spectacle d’une politique gouvernementale qui, au-delà des habillages, ne voit dans l’Education qu’un moyen d’économiser. La préparation du budget 2009 en est la démonstration : 13 500 suppressions d’emplois programmées, soit, dans le cadre triennal dans lequel ce budget s’inscrit, plus de 40 000 postes promis à disparition sur les 3 ans, à rajouter aux 11 200 suppressions de la rentrée 2008. Il décide également de supprimer les subventions des associations complémentaires qui permettent à celles-ci de bénéficier du travail d’enseignants détachés pour remplir des missions en complémentarité avec l’école publique.

Les organisations aveyronnaises CGT Educ’Action, FSU, SGEN-CFDT, SUD-Education, UNSA-Education ainsi que le Syndicat Lycéen Ruthénois, affirment que rien ne pourra se faire dans cet acharnement d’un "toujours moins de postes" qui dégrade continuellement les conditions d’étude et de travail des élèves et des personnels. Rien ne pourra davantage se faire avec des réformes à marche forcée encore moins lorsqu’elles aboutissent à de vraies régressions dénoncées par l’ensemble de la communauté éducative. La casse des IUFM, c’est-à-dire l’abandon de la formation professionnelle aux métiers de l’enseignement serait ainsi un recul majeur du système éducatif français. Rien ne pourra se faire non plus si l’Etat ne cesse de se désengager de ses missions, déléguant hors de l’école ce qu’elle doit assurer pour tous, si ce n’est le développement accéléré d’un système concurrentiel à l’enseignement public.

Assez, assez de mépris pour l’école, pour les parents d’élèves, pour les personnels,

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nous voulons être entendus !

Pour la première fois depuis 1945, les crédits (hors coût des pensions de retraite) sont en baisse en euros constants. Alors que l’ensemble des dépenses de l’Etat augmente en 2009 en euros courants de 2,46%, le budget de l’Éducation nationale en euros courants diminue de 3,37%. Ce budget manifeste clairement que l’Éducation nationale n’est pas une priorité du gouvernement. Il traduit l’entêtement à poursuivre la politique de diminution drastique du nombre de fonctionnaires en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et la même logique dévastatrice est programmée pour 2010 et 2011 dans le cadre de la programmation budgétaire triennale.

Alors que jusqu’à présent la répartition des emplois entre public et privé dans l’Education nationale obéissait à une règle simple : les mesures de créations ou de suppressions de postes appliquées à l’enseignement privé représentaient 20 % de celles appliquées à l’enseignement public ; cette année, cette règle est remise en cause pour favoriser davantage encore l’enseignement privé au détriment de l’enseignement public.

Les conséquences du budget 2009 seront une nouvelle dégradation des conditions d’étude et de travail pour les élèves et les personnels : réduction de l’offre de formation, augmentation des effectifs, suppression de postes, d’options, multiplication des affectations sur plusieurs établissements, diminution drastique de l’accueil en maternelle, suppression des RASED… On peut légitimement s’interroger sur ces restrictions massives prévues depuis plusieurs mois quand dans le même temps des dizaines de milliards d’euros ont été débloqués pour venir en aide aux banques, quand Darcos n’hésite à jeter 220 000 euros dans une « veille de l’opinion publique » inutile et dangereuse pour la liberté d’expression.

Par ailleurs, cette baisse du budget va frapper de plein fouet les personnels : en effet, elle découle en grande partie d’une évolution extrêmement faible du point d’indice (0,63). Cette absence d’indexation des salaires des fonctionnaires, en particulier de l’Education nationale, représente une économie plus considérable encore que la suppression des 13 500 emplois.

Assez, assez de mépris pour l’école, pour les parents d’élèves, pour les personnels,

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nous voulons être entendus !

Alors que la rentrée 2008 s’est déroulée dans des conditions matérielles très difficiles pour l’ensemble des établissements du 2nd degré, le budget 2009 ne peut que renforcer l’inquiétude des personnels. Les collèges, pourtant en augmentation démographique subiront les plus fortes suppressions d’emplois. Les lycées et les lycées professionnels ne seront pas épargnés.

De surcroît, premier et second degré confondus, les diminutions programmées du nombre de places aux concours de recrutement et des moyens de remplacement annoncent un recours massif à la précarité.

La rentrée dans les écoles n’a pas été plus facile, l’an passé le budget prévoyait 700 postes pour 40 000 élèves supplémentaires. La rentrée prochaine sera catastrophique avec 6 000 suppressions de postes quand 20 000 élèves supplémentaires sont attendus.

Et du coup, Darcos fait flèche de tout bois. Après la provocation sur la sieste et les couches, il promotionne le dernier produit à la mode : les « jardins d’éveil ». Un seul but derrière tout ça, débarrasser l’État de la charge de la scolarisation des tout-petits. Pourtant, la Cour des Comptes a prouvé que tous les modes de garde ont un coût trois fois supérieur au coût de la scolarisation en maternelle. Tant pis, Darcos persiste et signe, il fait des économies sur le dos des collectivités locales et sur le dos des parents. Alors que le taux de scolarisation des 2-3 ans a diminué de 27% entre 2003 et 2007 c’est-à-dire que 63 335 enfants ont dû être pris en charge par d’autres moyens, si les « jardins d’éveil » sont mis en place, l’an prochain, ce sont 170 000 enfants qui ne seront pas scolarisés.

Assez, assez de mépris pour l’école, pour les parents d’élèves, pour les personnels,

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nous voulons être entendus !

Le gouvernement entend mener une politique pilotée et contrainte par un budget en régression et une logique de réduction de l’offre de formation. Mais qu’on entende bien, avec la systématisation du passage au Bac Pro en 3 ans, l’attaque en règle contre la maternelle comme la suppression annoncée des RASED, le passage en force de la réforme du lycée ; Sarkozy, Fillon et Darcos ne font pas que des économies. Ils font le choix d’une société plus inégalitaire.

Toutes les études démontrent combien a été bénéfique le Bac Pro en 4 ans pour redonner une perspective à nombre de jeunes en difficulté. Toutes les études démontrent que l’école maternelle lorsqu’elle accueille précocement est bien « l’école de la réussite » particulièrement pour les enfants des familles défavorisées.

La suppression des RASED est emblématique de leur choix. On se prive d’enseignants spécialisés pour laisser au simple soutien scolaire la tâche de répondre à la grande difficulté scolaire. Darcos sait ce qu’il fait. Il sait que les enseignants ordinaires ne pourront répondre aux besoins. Il sait quel désarroi cela va générer parmi les personnels. Il sait quelles tensions cela entraînera entre parents et enseignants. Il sait aussi que les parents qui en auront les moyens tenteront de faire appel au privé. Et surtout Darcos sait que son choix entraînera l’abandon du traitement de la grande difficulté scolaire. Il fait le choix d’abandonner les élèves en difficulté.

Il sait aussi que ces choix, programmes, semaine de 4 jours, attaques contre la maternelle, RASED, sont rejetés par une écrasante majorité des personnels. En instaurant le Service Minimum dans les écoles, contre l’avis des collectivités locales, il cherche à restreindre le droit de grève, à réduire la liberté d’expression des personnels.

Assez, assez de mépris pour l’école, pour les parents d’élèves, pour les personnels,

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nous voulons être entendus !

L’INSEE révèle dans son « Portrait Social 2008 » que les « services publics de santé, d’éducation et logement contribuent deux fois plus que les transferts monétaires à la réduction des inégalités de niveaux de vie ».

Alors qu’avec la crise, on s’attend à de nouvelles vagues de licenciements, des difficultés accrues pour toute la population, ce gouvernement poursuit sa politique de mise en cause des services publics et se prive ainsi délibérément d’un moyen déterminants d’atténuer la montée des difficultés sociales.

En imposant, sans réelle consultation, une avalanche de réformes, en renvoyant hors l’école nombre de ses missions, en sous-traitant à d’autres et la responsabilité et le coût du traitement de l’échec scolaire, il fait le choix d’une école de consommateurs contre une école de citoyens, partout il injecte du privé, partout contre l’école de l’égalité.

Dans ce contexte, nous considérons que la prise de position d’Alain Réfalo de la Hte Garonne qui a écrit dans une lettre ouverte à son IEN « Je refuse d’obéir » ne doit pas être considérée comme un acte isolé mais bien comme l’expression de ce que nous subissons et ressentons au quotidien. Sa lettre entre profondément en résonance avec l’état d’esprit actuel de la profession.

C’est la raison pour laquelle nous soutenons notre collègue et demandons qu’aucune sanction disciplinaire ne soit prise à son encontre.

En Aveyron, le Recteur a refusé de dialoguer avec les manifestants au lycée Monteil. Des collègues se sont opposés à la mise en place des nouveaux programmes, de l’aide personnalisée, ils ont subi des pressions insistantes. D’autres se sont vus reprocher la motion de soutien au RASED par leur IEN. Aujourd’hui même des collègues sont menacés de « retenues sur traitement » parce que, confrontés à l’opposition des parents, écartelés entre leur conception de citoyen et leur rôle de fonctionnaire, ils refusent d’utiliser Base Elèves.

Nous demandons que cessent immédiatement ces pressions, que soient levées ces menaces de sanctions.

Le 19 octobre à Paris, des dizaines de milliers de personnels de l’Education Nationale, de parents, d’étudiants, de militants associatifs, de simples citoyens ont participé à la manifestation nationale en défense du service public et laïque d’éducation. Cette manifestation constitue un élément important pour construire, sur la question scolaire, un mouvement revendicatif qui va au-delà des forces syndicales.

Aujourd’hui, le succès, en Aveyron comme ailleurs, de cette journée de grève et de manifestations, doit être entendu de tous.

Le gouvernement doit nous entendre et cesser ses attaques.

Les citoyens doivent nous entendre et se mobiliser plus encore qu’aujourd’hui pour défendre l’école publique.

L’école publique est en danger !

 

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