www.snuipp.fr

SNUipp-FSU Aveyron

Thèmes abordés


Vous êtes actuellement : Instances Paritaires  / CTSD, CDEN, Mesures de Carte 

fontsizeup fontsizedown {id_article} impression s'abonner  à la rubrique {} syndiquer le forum
6 avril 2010

Déclaration de la FSU au CDEN du 6 avril 2010

Depuis quelques années que l’Éducation Nationale n’est plus la priorité des gouvernements successifs, on a vu disparaitre des dizaines de milliers d’emplois que ce soit dans l’enseignement, les personnels ouvriers, l’encadrement ou l’administration. Chaque année un peu plus, les élèves, qui ne peuvent guère comparer, leurs parents à qui on ne dit pas tout, et les personnels, vivent de plus en plus souvent des situations il y a peu encore exceptionnelles.

Ce sont des remplaçants qu’on attend de plus en plus longtemps ou qui ne viennent plus, il n’y en plus assez et en plus la profession rajeunit et se féminise, et ne voilà t-il pas que ces jeunes collègues font des enfants et se piquent de prendre des congés pour les élever. Ce sont aussi des disciplines mal remplacées, des collègues qui interviennent dans des matières qui ne sont pas les leurs…

Ce sont des problèmes d’incivilités ou pire qui ne trouvent pas de solution rapide. Il est vrai qu’on a perdu nos "pions", qu’on perd des CPE [1], et d’autres personnels encore. Mieux, en supprimant la carte scolaire, on a renforcé la ghettoïsation. Fort heureusement, Tremblay-en-France n’est pas en Aveyron.

Pour accompagner ce régime maigre, on use et abuse d’outils qui tous visent à « maîtriser les dépenses ». Grâce à la RGPP [2], non seulement on maîtrise les dépenses mais chaque année, on supprime plus de postes que prévus au budget. Sous peu, ce sont des services entiers qui disparaîtront ou s’éloigneront. Ainsi les enseignants aveyronnais, pour calculer leur retraite, doivent s’adresser au rectorat, comme toute l’Académie ; au rectorat, où la compétence d’un poste et demi n’est pas en cause mais n’en peut mais… De plus en plus souvent aussi, on cède au privé pour un coût pharamineux et une efficacité inexistante. Mais tant qu’on supprime des postes, c’est qu’on doit être sur la bonne voie. Enfin celle qui nous a été tracée.

Car ce n’est pas la RGPP qui est responsable d’un BOP 140 [3] étranglé à 56% de sa valeur de l’année dernière. Les stages annulés, les départs en formation de personnels spécialisés quasi inexistants, les remplacements, des frais de déplacements toujours pas remboursés, des personnels itinérants à qui on annonce qu’ils ne se déplaceront plus, abandonnant une partie de leurs missions en rase campagne, … c’est bien le résultat d’une politique que vous devez appliquer dont nous ne nous souvenons pas que ces conséquences aient été décrites dans quelque programme électoral que ce soit et pour quelque élection que ce soit, même remontant à quelques années en arrière.

Ne nous méprenons pas, nous ne mettons pas en cause la compétence de ceux qui ont choisi pour nous.

En effet, en même temps que cette politique acharnée d’économies, on a sorti du chapeau : un socle commun pour tous et particulièrement pour ceux qui n’auront pas les moyens de faire plus, une aide personnalisée et moins d’école pour tous les enfants ainsi que la disparition d’un tiers des postes RASED, des programmes plus lourds et simplistes, des attaques constantes contre la maternelle à deux ans avec des jardins d’éveil et des normes d’encadrement explosées pour l’accueil des jeunes enfants, un bac pro en trois ans, une réforme des lycées, une campagne de dénigrement de l’école publique et de ses personnels, et enfin une montée des sanctions et des rappels à l’ordre contre tous ceux qui ne s’accommodent pas de ce qu’on fait à l’école. Tout ceci baignant dans un discours constant sur le niveau qui baisse et pour pouvoir vérifier tout ça, un point d’orgue : l’abandon de toute ambition pour la formation des enseignants. Il est vrai que notre ministre lorsqu’il considère que remplacer n’est pas enseigner se donne des objectifs qui, compte tenu de son budget, restent à sa portée.

Pour la FSU, ce gâchis est voulu, maîtrisé, planifié. C’est une société plus inégalitaire encore qu’ils veulent pour nos enfants.

Les conséquences, nous les vivons chaque jour.

Ainsi de la dotation des écoles, pour une augmentation prévue de 203 élèves, notre département s’est vu octroyer 10 postes. Bigre ! Mais ce n’est pas la manne tant espérée. Cette augmentation d’effectifs élèves, déjà conséquente, venant après des années de hausse, ne comprend pas les 2 ans… Pour les accueillir, ce sont 50 postes qu’il nous aurait fallu ! Alors que la Cour d’Appel de Bordeaux vient de condamner l’Etat parce que l’Inspecteur d’Académie des Htes Pyrénées a méconnu l’art. L.113.1 et l’art.61 du 16 février 91, qui stipulent que les enfants de 2 ans doivent être comptabilisés dans les ZRR [4], M. l’Inspecteur d’Académie, vous avez choisi de ne pas entendre les besoins de scolarisation des familles aveyronnaises.

Alors bien sûr, qu’avez-vous fait des besoins ? Ceux d’Almont les Junies, Soulages-Bonneval, et autres.

Et qu’a-t-on fait de nos 10 postes ? Et bien, certains servent à éponger les décharges des écoles à 4 classes, conséquence d’un protocole direction non financé que le SNUipp/FSU avait refusé de signer il y a quelques années. D’autres ETP [5] participent de l’organisation de ce naufrage annoncé qu’est l’arrivée sur le terrain des futurs collègues recrutés au Master. A l’arrivée, nous voici avec un déficit de 4 postes. – 4 et en sus de nouveaux problèmes de remplacements à prévoir, de nouvelles tensions dans les écoles, de nouvelles critiques contre l’école et ses personnels.

Les personnels de l’Education Nationale comprennent chaque jour un peu mieux l’adage selon lequel lorsqu’on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage.

Alors ça ne passe pas, ça ne passe plus. Et si Tremblay-en-France est loin d’ici, malheureusement, ceux qui n’ont jamais d’autre réponse que de parler d’autre chose, de durcir le ton, de sanctionner et d’exclure ont compétence sur tout le territoire.

Jusqu’en Aveyron, où, après plusieurs interventions très litigieuses sur les droits et libertés des personnels, vous avez décidé, M. l’Inspecteur d’Académie, d’un retrait de salaire pour une collègue qui demandait à exercer un droit d’information syndical.

C’est sur ce point que nous voudrions conclure ; M. l’Inspecteur d’Académie, la FSU vous renouvelle sa demande d’abandon de cette sanction et vous appelle à ne plus attenter aux droits et libertés des personnels.

[1] CPE : Conseillers Principaux d’Education

[2] RGPP : Révision Générale des Politiques Publiques

[3] BOP : Budget Opérationnel de Programme

[4] ZRR : Zone de Revitalisation Rurale

[5] ETP : Equivalents Temps Plein

 

Répondre à cet article

 

36 visiteurs en ce moment

*Top

SNUipp-FSU Aveyron :

- 8 rue de Vienne, les Corniches de Bourran 12000 RODEZ
- Tél : 05.65.78.13.41
- mèl : snu12@snuipp.fr

Permanences :
- Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi les ap.m.
- Mardi, Mercredi, Jeudi les matinées.

Sur Facebook : plan et photos SNUipp-FSU12


©Copyright 2006 - SNUipp-FSU Aveyron, tous droits réservés.