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7 mai 2010

Evaluation Grande Section - Le SNU écrit à l’IA

On peut présumer que d’aucuns sauront utiliser à mauvais escient les résultats de ces évaluations. Qu’ils soient bons et dans ce contexte de restriction budgétaire, nous aurons montré qu’on peut faire plus avec de moins en moins ; ou qu’ils soient mauvais et nous aurons mis de nous-mêmes la tête sur le billot. N’est-ce pas un ministre issu de nos rangs et désormais rendu à ces chères études qui ne voyait pas à quoi pouvait être utile tant de diplômes en maternelle ? N’est-ce pas un autre ministre qui rêve de laisser tout cela aux collectivités locales ? Et combien, jusqu’au plus haut niveau, entendent contraindre, freiner, entraver, dresser lorsqu’il s’agit d’éducation ?

Objet : évaluations en Grande Section

Réf : votre circulaire du 27 avril 2010

par votre circulaire du 27 avril 2010 vous demandez aux collègues enseignants de Grande Section de soumettre leurs élèves à une évaluation dont vous soulignez l’importance dans la lutte contre l’illettrisme. Cette démarche appelle un certain nombre d’interrogations et remarques.

Ce livret d’évaluation existe depuis quelques temps déjà, il était jusqu’alors présenté comme un outil, un référentiel utilisable par les collègues, pourquoi choisir aujourd’hui de le généraliser et de le rendre incontournable ?

La question de l’utilisation de ces évaluations pose problème. L’expérience des évaluations CE1 et CM2 ne peut que nous conduire à nous interroger sur la fiabilité, la lisibilité, la finalité et l’intérêt de telles pratiques. Il peut être stigmatisant de conserver ces résultats dans le livret de l’élève : ces enfants sont en devenir, rien n’est joué pour eux. Nous nous souvenons par ailleurs qu’il a fallu beaucoup insister et beaucoup protester pour que d’autres évaluations ne servent pas de palmarès. Comment seront donc utiliser les résultats de ces évaluations ? D’autre part, cette forme d’évaluation très structurée et très cadrée, la première subie par des jeunes élèves peut être déstabilisante et fausser les résultats de l’élève. C’est un écueil qui peut être atténué ou même gommé si on l’utilise de façon plus souple, à titre de référentiel justement.

Compte tenu de la lourdeur de la charge de travail, à ce moment-ci de l’année, comment l’intégrer dans une progression déjà établie ?

Nous avons souvent parlé de l’alourdissement du travail des directeurs d’école. Vous même en avez convenu, parlant d’éviter de "trop charger la barque". Que va-t-il en être à ce propos : édition des fiches, mise en place du "protocole d’évaluation", organisation des passations, centralisation et saisie des résultats… Nous devons ici faire le lien avec la situation dans les écoles maternelles où les classes sont le plus souvent à multi niveaux et où les effectifs sont très lourds. Comment dès lors assurer une organisation sereine de ces évaluations ? Des primes ont été proposées aux collègues qui faisaient passer les évaluations CE1 et CM2. Nous n’avons trouvé aucune trace de ces dispositions dans les évaluations GS. Est-ce à dire que ce dispositif est moins important ? Ou que le travail des uns ne vaut pas le travail des autres ?

Les fichiers sont téléchargeables en ligne, contrairement aux autres dispositifs d’évaluations nationales. Cela paraît par là aussi militer dans le sens d’une relativisation du caractère institutionnel de cette évaluation. Mais il va falloir fournir un bel effort : 60 pages dont 14 fiches par élève, c’est copieux et cela représente un coût non négligeable qui sera supporté par les collectivités locales. Certaines écoles comptent plusieurs dizaines d’élèves en grande section : éditer 10, 20, 30, 40 fois le fichier élèves correspond à une amputation du budget "consommables" assez importante. Malheureusement, les écoles maternelles doivent compter chacun de leur denier et nous ne pouvons agréer ce nouveau transfert de charges.

Enfin, et ce n’est pas le moins important, nous nous devons de vous rappeler que la lutte contre l’illettrisme passe, comme tous les objectifs assignés au système éducatif, par une adéquation des moyens aux besoins. Or les GS sont entrés dans nos classes alors que les budgets successifs prévoyaient, face à une augmentation conséquente des effectifs, au mieux un recrutement d’un enseignant pour 50 élèves supplémentaires, qu’en Aveyron, malgré des augmentations d’effectifs constatés, nous n’avons bénéficié d’aucune dotation supplémentaire dans la même période. Par ailleurs, on doit compter que les enfants de familles les moins favorisées sont depuis quelques années de plus en plus nombreux à ne pas bénéficier d’une scolarisation précoce à 2 ans alors même que s’aggravent les conditions de vie de nos concitoyens. Tout ceci ne peut être vu comme un élément facilitateur de la réussite scolaire en Aveyron où nous nous serrons de plus en plus dans nos classes.

Nous considérons donc être placés dans des conditions assez défavorables. Si cela n’invalide pas la nécessité de lutter contre l’illettrisme au contraire peut-être devrions-nous dire que cette lutte est rendue d’autant plus nécessaire par ces choix budgétaires catastrophiques… Or tout se passe comme si on nous demandait en somme d’évaluer l’étendue des dégâts de ces successifs refus de faire face aux besoins d’éducation.

On peut présumer que d’aucuns sauront utiliser à mauvais escient les résultats de ces évaluations. Qu’ils soient bons et dans ce contexte de restriction budgétaire, nous aurons montré qu’on peut faire plus avec de moins en moins ; ou qu’ils soient mauvais et nous aurons mis de nous-mêmes la tête sur le billot. N’est-ce pas un ministre issu de nos rangs et désormais rendu à ces chères études qui ne voyait pas à quoi pouvait être utile tant de diplômes en maternelle ? N’est-ce pas un autre ministre qui rêve de laisser tout cela aux collectivités locales ? Et combien, jusqu’au plus haut niveau, entendent contraindre, freiner, entraver, dresser lorsqu’il s’agit d’éducation ?

Pour toutes ces raisons, le SNUipp12 vous demande de renoncer à tout caractère obligatoire pour ces évaluations. En cas contraire, nous appellerions les personnels à ne pas s’inscrire dans ce dispositif.

Pour le SNUipp12, Valérie Tavernier, Jean-Luc Tornero, Noëlle Villeneuve

 

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