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31 mai 2010

A quelle sauce les postes seront-ils mangés si on les laisse faire ?

Alors que la Cour des comptes vient de dénoncer l’insuffisance du pourcentage du PIB consacré à l’école primaire et d’indiquer que le nombre d’élèves poursuit son augmentation, le ministre demande, dans un document interne adressé aux recteurs d’académie en vue de la préparation de la rentrée 2011, l’examen et le chiffrage d’hypothèses inacceptables et insupportables pour l’avenir des élèves.

Le SNUipp s’est procuré la version 2010 du document ministériel adressé aux recteurs d’académie. Il fixe le calendrier et les objectifs du « dialogue » entre l’administration centrale et les rectorats pour préparer la rentrée 2011.

Ce document vise à assurer le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux et énumère les différentes mesures dont le ministre exige l’examen et le chiffrage par les académies.

Le « volume » des retraits de postes ne doit plus seulement « descendre » du ministère, il doit aussi « remonter » du terrain…

Voici les pistes du ministère :


- Augmentation de la taille des classes :
    • relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture de classe
    • regroupement des structures


- Réduction du besoin de remplacement :
    • réduction du besoin de remplacement
    • ouverture du vivier de remplacement


- Baisse de la scolarisation à 2 ans

- Sédentarisation des enseignants « hors classe » :
    • enseignement spécialisé – RASED
    • coordination/animation pédagogique
    • personnels affectés à d’autres fonctions


- Intervenants extérieurs/assistants de langue

Vous trouverez ici [1] le document du Ministère.

Nous sommes intervenus auprès du ministère pour dénoncer ces mesures dont certaines sont à l’oeuvre depuis 2002. Le ministre confirme la volonté de supprimer des postes : le non remplacement des départs en retraite se traduirait par une suppression de 17 000 postes au budget 2011 dans l’ Education Nationale. Les arbitrages nationaux (8000 dans le premier degré et 8000 dans le second degré ?), le cadrage budgétaire global, le niveau des recrutements aux concours 1er et 2 degré, le choix des leviers nationaux ne sont pas encore connus ils interviendront fin juin.

La lecture des fiches contient la demande d’examen et de chiffrage de mesures nouvelles extrêmement dangereuses :

- Modification du système de remplacement avec examen du recours aux non titulaires pour les remplacements courts. Est évoqué le recours systématique à des non-titulaires et des vacataires pour assurer les remplacements de courte durée ou pour faire face aux pics d’absences. Des objectifs chiffrés sont donnés : 80 % de non-titulaires pour des remplacements de moins de 2 jours ; 50 % de 3 à 5 jours ; 25 % entre 6 et 10 jours.

A cela, en Aveyron, il faut rajouter le choix fait par notre IA de placer les étudiants en Master sur des postes de Titulaires Remplaçants, alors que le SNUipp avait proposé qu’ils soient placés en surnombre.
Dans les faits, et le SNUipp12 l’avait dénoncé, c’est un tiers de la brigade remplacement qui a d’ores et déjà disparu [le ministère pourra bien noter son IA qui devance à ce point les directives !]. L’IA conteste le point de vue du SNUipp12 assurant que c’est un jeu à somme nulle : les Masters devenant remplaçants à la place des remplaçants.
Or :

- Jusqu’aux congés d’automne, les étudiants en Master seront en formation auprès de MF. Donc, un tiers des "remplaçants" ne sont pas disponibles.

- Parce qu’ils sont soi-disant "en formation", ils auront des moments de formation à l’IUFM. Donc un tiers de remplaçants en moins.

- Parce qu’ils sont nouveaux sur le terrain, le Ministère recommande (au moins officiellement pour les Masters mais c’est en contradiction avec la directive de faire assurer les remplacements par des non-titulaires) que les Masters ne soient pas placés sur des remplacements dans lesquels ils auraient à faire avec des CM2, des CP ou en ASH. En Aveyron, avec une très grosse proportion d’écoles à 3 classes et moins, dans quelles écoles pourront-ils remplacer ?

- organisation autant que possible de la formation en dehors du temps de travail  : La formation continue est la principale variable d’ajustement du remplacement. Il est envisagé de développer des sessions de formation en dehors du temps scolaire (le mercredi après-midi) ou pendant les vacances scolaires.

Durant des années, le SNUipp a dénoncé le développement des formations hors temps scolaire. Petit à petit les stages se sont faits moins nombreux, moins longs, de plus en plus souvent placés le mercredi. Devant le resserrement des possibilités de mutation, les collègues ont accepté de participer à des stages de langue, le mercredi…
Les formations AIS puis ASH ont vu fleurir des modalités de moins en moins coûteuses pour l’administration au détriment de la qualité, au détriment surtout de l’accompagnement réel des collègues. Cette année, il a même fallu batailler pour l’IA accepte de financer une formation par le CNED.

- hypothèse d’un recrutement nul des maîtres G et des psychologues scolaires et détermination d’un volume minimum des maîtres E

On est presque étonné qu’ils n’envisagent pas ici de nouvelles suppressions : la lutte paie !

- suppression d’un millier d’emplois d’assistants étrangers : il y a 1 059 emplois d’assistants étrangers et 1475,5 emplois d’intervenants extérieurs. Le ministère envisage une économie de l’ordre d’un millier d’emplois.

Les enseignants n’auront qu’à se débrouiller, par exemple en faisant des stages le mercredi et le 15 août.

- poursuite de la baisse de scolarisation des deux ans là où le taux dépasse le taux moyen national  : Peu de marges. Il n’y a plus que 11,6 % d’enfants de moins de 3 ans scolarisés dans le public et la baisse tendancielle de ce taux est déjà inscrite dans les prévisions d’effectifs. Il est demandé de ne pas tenir compte du nombre de moins de 3 ans scolarisés dans la détermination des seuils d’ouverture. Lorsque les départements n’utilisent plus de seuils d’ouverture en maternelle, le ministère fixe les seuils suivants : 27 élèves en éducation prioritaire, 32 hors éducation prioritaire.

Là non plus on n’est pas surpris… mais mesurons bien de quoi, il s’agit :

- l’Aveyron est encore le département où l’on scolarise le plus de PS1. Nous serons donc la première cible.

- au-delà des écoles maternelles, ce sont toutes les écoles primaires qui seront gravement touchées par les seuils évoqués.

- augmentation de la taille moyenne des classes : l’objectif chiffré est d’une remontée de 0,6 ou 0,7 élèves par classe, ce qui représente 6000 à 7000 postes. Le ministère compte y parvenir en augmentant la taille des écoles (fusion), en augmentant les seuils d’ouverture et en prenant en compte des entités plus larges que les écoles (exemple : nombre d’élèves à l’échelle d’une commune).

Le SNUipp12 s’est toujours opposé aux fusions d’écoles maternelle et élémentaire : cela affaiblit sinon efface la spécificité de la maternelle et cela donne des bâtons pour se faire battre par l’administration. Nous l’avons encore rappelé cette année.
L’Aveyron avait déjà rejoint puis dépassé les autres départements ruraux de l’académie de Toulouse en termes de P/E [2] et ceci, avec un handicap dont nous sommes les seuls à avoir le triste privilège : la concurrence avec le privé.
Bienvenu au sur-effectif généralisé !
Comme dans les départements urbains…

[1] Diaporama Powerpoint 463ko

[2] nombre de postes pour 100 élèves

 

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